– Première question :

«Si je vois quelqu’un invoquer un mort, il lui demande le secours, il est dans le Shirk, dois-je l’appeler en tant que musulman ou plutôt en tant qu’associateur si je souhaite l’appeler vers Allāh et si je souhaite lui éclaircir les choses ?»

Réponse du Shaykh Ibn Bāz (qu’Allāh lui fasse miséricorde) :

«Appelle-le avec d’autres termes et non ceux que tu as cités. Dis-lui «ô un tel ! Ô serviteur d’Allāh !» Cette chose que tu as pratiquée est du Shirk, ce n’est pas une adoration (valide), c’est la pratique des associateurs de la Jāhiliyyah, la pratique de Quraysh et leurs semblables, car ici il y a une chose qui empêche de faire son Takfīr (1) et parce qu’en agissant comme tu as dit, tu vas le faire fuir dès ta première interpellation. De plus, la pratique qui est du Shirk ne signifie pas forcément rendre mécréant quelqu’un de manière spécifique. La pratique est du Shirk, mais celui qui la pratique n’est pas associateur (2), CAR IL SE PEUT QUE CE QUI EMPÊCHE DE FAIRE SON TAKFIR SOIT SON IGNORANCE OU SA NON CLAIRVOYANCE SELON CE QUE LES SAVANTS DISENT. De plus, en l’appelant associateur tu vas le faire fuir. Appelle-le plutôt par son nom, puis éclaircis-lui que cette pratique qu’il fait est du Shirk.»

– Deuxième question :

«Quel est l’avis prépondérant concernant le fait de rendre mécréant quelqu’un de manière spécifique ?»

Réponse du Shaykh Ibn Bāz (qu’Allāh lui fasse miséricorde) :

«Si les preuves ont été levées contre lui et que la preuve montre sa mécréance, que la voie lui a été éclaircie, puis malgré cela il persiste, il est alors mécréant. CEPENDANT, CERTAINS SAVANTS VOIENT QUE CELUI QUI COMMET CERTAINES CHOSES DE SHIRK, IL SE PEUT QU’IL AIT ÉTÉ TROMPÉ. IL SE PEUT QU’IL SOIT IGNORANT ET QU’IL N’EST PAS AU COURANT DE LA RÉALITÉ. ILS NE LE RENDENT PAS MÉCRÉANT JUSQU’À CE QU’ON LUI ÉCLAIRCISSE LES CHOSES ET QU’ON L’ORIENTE EN LUI MONTRANT QUE CE QU’IL FAIT EST UNE MÉCRÉANCE ET UN ÉGAREMENT, QU’IL S’AGIT D’UNE PRATIQUE DES PREMIERS ASSOCIATEURS. SI APRÈS CET ÉCLAIRCISSEMENT IL PERSISTE, ILS LE JUGENT SPÉCIFIQUEMENT MÉCRÉANT.» Fin de citation.

Source : Fawāʾid Min Sharḥ Kitāb at-Tawḥīd wa Sharḥ Taysīr al-ʿAzīz al-Ḥamīd page 243, 245.

Ce sont les explications du Shaykh Ibn Bāz de Kitāb at-Tawḥīd et de Taysīr al-ʿAzīz al-Ḥamīd qui ont été regroupées puis mises en écrit par le docteur ʿAbdu s-Salām Ibn ʿAbdillah Ibn Muḥammad qui a étudié auprès du Shaykh al-Fawzān. Il est aujourd’hui membre du comité permanent des grands savants d’Arabie Saoudite. Il a inséré les questions qui ont été posées au Shaykh Ibn Bāz pendant ces cours. Le livre a été révisé et préfacé par son Shaykh Ṣāliḥ al-Fawzān (qu’Allāh le préserve), édition al-Imām Ahmad.

Traduit par Muḥammad Wora.

Annotations :

(1) C’est le fait de rendre la personne mécréante.

(2) Le Shaykh veut dire qu’il n’est pas jugé associateur s’il y a une chose qui empêche de faire son Takfīr et non qu’il n’est pas associateur peu importe la situation. Et concernant l’excuse pour cause d’ignorance dans les questions de Shirk, la personne est excusée en ce qui concerne des sujets de Shirk qui peuvent être ignorés par elle, contrairement aux Ḥaddādiyyah et à certaines personnes qui nient l’existence de l’excuse pour cause d’ignorance dans les questions de Shirk de manière absolue en faisant une différence entre l’excuse pour cause d’ignorance dans les questions de grande mécréance et dans les questions de grand Shirk. Ils excusent la personne dans les questions de mécréance et non dans les questions de Shirk. Cette différence n’a pas lieu d’être, le Shirk et la mécréance même si on prend l’avis des savants qui disent qu’il y a une différence entre les deux dans la législation, cependant, en ce qui concerne la sortie de l’Islām, il n’y a aucune différence. Les deux sont interdits et font sortir de l’Islām. Celui qui tombe dans un acte, une parole, une croyance de Shirk ou de mécréance, si c’est une chose que des gens comme lui peuvent ignorer et qu’il n’a pas été négligeant dans la recherche de la vérité, nous ne le rendons pas mécréant jusqu’à ce que les choses lui soient éclaircies, car toutes les questions de Shirk ou de Kufr ne sont pas claires pour tout le monde. Connaître que le Shirk et le Kufr sont interdits est une chose, connaître toutes les différentes formes de Kufr et de Shirk en est une autre. Quant aux questions claires que des gens comme lui ne peuvent pas ignorer, il n’est pas excusé pour cela, nous le rendons mécréant s’il commet ces choses. Que cela soit dans le grand Shirk ou le grand Kufr, il n’y a pas de différence à faire et point final !

Muḥammad Wora.

 

س: إن رأيت أحدا يدعو صاحب القبر ويستغيث به، فهو مصاب بالشرك، فهل أدعوه على أنه مسلم، أو أدعوه على أنه مشرك، إذا أردت أن أدعوه إلى الله عز وجل، وأن أبين له؟

قال الشيخ ابن باز رحمه الله:

ادعه بعبارة أخرى، لا هذه ولا هذه، قل له: يا فلان يا عبد الله عملك هذا الذي فعلته شرك، وليس عبادة، هو عمل المشركين الجاهليين، عمل قريش وأشباه قريش؛ لأن هنا مانعا من تكفيره، ولأن فيه تنفيره أول ما تدعوه، ولأن تكفير المعين غير العمل الذي هو شرك، فالعمل شرك، ولا يكون العامل مشركا، فقد يكون المانع من تكفيره جهله أو عدم بصيرته، على حد قول العلماء، وأيضا في دعوته بالشرك تنفير، فتدعوه باسمه، ثم تبين له أن هذا العمل شرك.

س: ما الراجح في تكفير المعين؟

قال رحمه الله: إذا قامت عليه الأدلة، والحجة الدالة على كفره، ووضح له السبيل، ثم أصر، فهو كافر.

ولكن بعض العلماء يرى أن من وقعت عنده بعض الأشياء الشركية، وقد يكون ملبسا عليه، وقد يكون جاهلا، ولا يعرف الحقيقة، فلا يكفره حتى يبين له ويرشده إلى أن هذا كفر وضلال، وأن هذا عمل المشركين الأولين، وإذا أصر بعد البيان يحكم عليه بكفر معين.

المصدر: الفوائد العلمية من الدروس البازية.

فوائد من شرح كتاب التوحيد ويليه فوائد من شرح تيسير العزيز الحميد. ص ٢٤٥,٢٤٣ (دروس علمية شرحها العلامة ابن باز رحمه الله.

اعتنى بإخراجه عبد السلام بن عبد الله السليمان

راجعه وقدم له العلامة صالح بن فوزان بن عبد الله الفوزان حفظه الله.

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